24/05/2017

L'Allemagne, à l'origine de "notre" régionalisme

 

ALLEMAGNE ET REGIONALISME

 

 

Jo Gérard, Les Allemands ont inventé le séparatisme belge, in: LB, 19/09/1996

 

L’ambitieux plan de von Bissing

 

Le général Von Bissing est, en 1917, le gouverneur militaire de la Belgique occupée.  Un homme d'une inexorable sévérité envers nos résistants qu'il fait fusiller sans merci.  Le 6 avril 1917, le génèral von Bissing adresse à Guillaume II le programme complet du séparatisme qu'il veut infliger à notre pays.  Voici le texte intégral et saisissant de cette lettre :

 

“ Conformément aux indications de Votre Majesté, j'applique toute mon énergie à développer le plus rapidement possible la politique flamande (Flamenpolitik) ordonnée par Votre Majesté.  Après m’être entendu sur les mesures à prendre, le 17 du mois passé, avec le représentant du chancelier, le secrétaire d’état à l’intérieur, j'ai institué une commission qui doit préparer la division de l'ancien royaume de Belgique en partie flamande et partie wallonne.  Comme premier pas, j'ai, d'après l'avis de cette commission, divisé, par ordonnance du 21 écoulé, le territoire du gouvernement général en deux régions administratives, une flamande et une wallonne.  En prenant pour base la limite linguistique, ces deux territoires sont bornés par les frontières des provinces et il n'y a que le Brabant qui sera divisé en deux.

 

A mesure que l'avancement des travaux le permettra, les ministères wallons seront transférés à Namur,tandis que les Flamands resteront à Bruxelles.  Suivant nos prévisions, on commencera par le déplacement du ministère wallon de l’Industrie et du Travail à Namur.  Dès maintenant, on prend des mesures pour trouver des locaux à Namur. La séparation des ministères sera suivie d’autres mesures de séparation.  Il convient de signaler particulièrement l’organisation judicidire.

Aux mesures de séparation des autorités belges se joindra la nomination de deux chefs d'administration allemands, pour la Flandre et la Wallonie, et cette désignation va même se faire, dès maintenant.

 

Les espérances fondées sur la création d'une Flandre délivrée de l'influence des Wallons seront, espérons-le, réalisées et serviront alors certainement les intérêts allemands.

 

Je me permets cependant, d’ajouter qu'il ne serait pas bon d'abandonner à son sort la Flandre délivrée de là domination de la Wallonie, ou encore de la considérer comme un objet de marchandage dans les pourparlers de paix qui sont imminents.  Si lEmpire allemand n’y prend garde, le sort de la Wallonie sera celui d'un ennemi de l'Allemagne,entièrement francisé.  Une Wallonie rendue à l'inf7uence française deviendrait automatiquement un instrument de domination anglaise et servirait de prétexte aux visées anglaises sur les côtes de la Flandre.

 

L'extension de la puissance allemande et de l'influence allemande en Wallonie ne me paraissent pas moins importante qu'en Flandre.  Economiqu'ement, la Wallonie vaut même plus pour l'Allemagne que la Flandre, à cause de son industrie, en particulier à cause de ses charbonnages que j'ai maintenus en pleine activité.  Assurément, la valeur économique des Flandres grandira considérablement lorsque les trésors en charbon de la Campine seront exploités.  Il fàut montrer, en outre, qu'il y a entre Flamands et Wallons beaucoup de relations économiques qui doivent continuer après la séparation, si l'on ne veut pas que tous deux, ou au moins l'un des deux, ne subissent des dommiages. La population wallonne est plus facile à manier et à diriger que la flamande. Les Flamands sont naturellement plus lourds et plus enclins à la résistance.  Les  Wallons sont plus légers et, s’ils gagnent beaucoup, s’ils ont quelques avantages sociaux, s'ils peuvent jouir de la vie, ils sont faciles à gouverner. En conséquence, je considère comme un devoir envers Votre Majesté et envers la patrie de faire remarquerqu’il faut avoir soin de conserver une Wallon'w' bien organisée à côté d'une Flandre bien organisée.

 

 

EBRANLER L'ARMEE BELGE

Le séparatisme appliqué par von Bissing fait partie d'un programme dont l'exécution est

systématiquement voulue  par les plus hautes autorités du Reich.  Dès le 7 mars 1917, le

chancelier van Bethmann Hollweg écrivait au maréchal Hindenburg: “Les intérêts allemands

que nous poursuivons avec cette politique. apparaissent clairement.  Le sort de la Belgique

dépend du succès final de nos armes.  Quoi qu’il arrive, une Belgique dont l'organisation

intérieure est séparée et dont la majorité flamande est délivrée de la domination de la

minorité wallonne, orientée vers la France, sera plus aisément rendue utile aux intérêts 

allemands que l’Etat belge dans sa constitution actuelle.

 

(...) Le 7 février 1918, (...) Ludendorff,écrit au chancelier de l’Empire: “Je me permets

d'envoyer à Votre Excellence la copie d'un mémoire de l'amiral commandant le corps de

marine, traitant  de la politique flamande.  L'amiral Schröder, qui est depuis plus de trois  ans, en Flandre, doit indiscutablement être considéré comme une personnalité à même de juger de la question flamande.  Je ne puis que prier à nouveau Votre Excellence de fa voriser., par tous  les moyens, l'opposition entre Flamands et Wallons, afin d'ébranler le moral et, pàr là, la force combative de l'armée belge composée de plusieurs divisions. Le gouverneur général, Freiherr von Falkenhausen (1), me fit savoir, qu'il considère comme un réel renforcement de la cause flamande en ce moment la réception de ses chefs par Votre Excellence et l'assurance que Votre Excellence est disposée à maintenir les buis du chancelier précédent, et à protéger le. caractère propre du peuple flamand, qui nous est apparenté, contre l'oppression des Wallons et des Français.  Dans l'intérêt de l'action militaire, je serais tout spécialement reconnaissant à Votre Excellence si elle pouvait se résoudre à agir dans ce sens. »

 

 

(1)     Il avait succédé au général,von Bissing, mort à la fin de 1917, comme gouverneur militaire de la Belgique occupée..

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à l'origine de la régionalisation belge: un antisémite, Jules Destrée

 ORIGINE DE LA REGIONALISATION EN BELGIQUE

RACISME ET REVISIONNISME

 

 

Jules DESTREE

 

Padoan Bernard, Jules Destrée, patriote et raciste, LS 12/08/1995

 

Sire (. .. ), laissez-moi Vous dire la vérité, la grande et horrifiante vérité: il ny a pas de Belges.  De Jules Destrée, on ne retient bien souvent que cette phrase, tirée de sa célèbre “Lettre au roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre”, adressée à Albert Ier en 1912.  Pour Jean-Philippe Schreiber, docteur en philosophie et lettres de l'ULB et chargé de recherches au FNRS (1), « c'est un peu court».  Une lecture attentive de la « Lettre», ainsi que des écrits antérieurs et postérieurs de Destrée l'ont amené à la conclusion que l'homme dont le Mouvement wallon a fait sa figure de proue n'était peut-être pas tout à fait celui que l'on croit.  On a beaucoup exagéré le trait en ce qui concerne Jules Destrée, surtout quant à sa pensée avant guerre, présentée comme nationaliste wallonne, voire séparatiste, explique l'historien.  Certes, Destrée aime avant tout la Wallonie, dont il contribuera à faire découvrir le patrimoine. Mais c'est l’ïdée qu'il se fait de la Belgique qu’ il défend en s'adressant au roi.  Une Belgique francophone, mais où l'on respecte les deux communautés.  C'est une pensée typique de la bourgeoisie de l'époque, dont Destrée fait partie.  Celle-ci voit dans le français la langue de l'élite, et dans le flamand le dialecte des masses populaires.  Ce que Destrée craint, c'est que les revendications flamandes qui se font jour à l'époque ne mettent en péril la nation telle qu’il la conçoit, c'est-à-dire francophone.  Il est d'ailleurs significatif que Destrée se soit adressé au roi, symbole même de l'unité du pays.  Il voit en lui la seule personne capable de mettre un frein aux revendications flamandes et d'empêcher que, par réaction, les Wallons ne se cabrent, provoquant l'éclatement du pays.  Jules Destrée n'est certainement ni séparatiste ni rattachiste.  C'est un patriote, explique Jean-Philippe Schreiber, et son patriotisme sera encore renforcé par l'expérience de la guerre. Il y voit les masses ouvrières, tant flamandes que wallonnes, défendre ensemble la patrie contre d'autres ouvriers, allemands ceux-là.  C'est un bouleversement intellectuel considérable pour de nombreux penseurs socialistes, comme Destrée ou Henri De Man.  Malgré l’artificialité de l’état belge, Flamands et Wallons ont réussi à construire une nation psychologique.  Les nuances apportées à la pensée de Destrée avant la guerre permettent de mieux comprendre comment, après guerre, il se «convertit” à l'unitarisme.  Devenu ministre des Arts et des Sciences, Destrée exalte désormais, sans contradiction apparente, le roi Albert et le cardinal Mercier, les deux symboles de la Belgique unitaire.

 

 

DESTRÉE ANTISÉMITE

 

Un autre trait méconnu de la personnalité de Jules Destrée, c'est son antisémitisme et son dégoût pour le métissage.  Certes, l'antisémitisme fait partie du bagage intellectuel du temps, explique Jean-Philippe Schreiber. A l'époque, on assimile les Juifs à la finance, à la ploutocratie et au cosmopolitisme.  Mais, chez Destrée, comme chez son maître, Edmond Picard, l'antisémitisme se teinte de considérations raciales. Il faut cependant rester honnête en disant que cet aspect de la personnalité de Destrée ne revêt pas un caractère fondamental dans son oeuvre.  Il n'empêche que c'est au titre de sa haine des métis que Jules Destrée aura des mots très durs pour... les Bruxellois, qui ont, selon lui, “additionné les défauts des deux races (flamande et wallonne), en perdant leurs qualités “.

 

 

MYTHE ET RÉALITÉ

 

Destrée patriote, Destrée antisémite... Drôle de portrait pour une figure légendaire du Mouvement wallon.  L'homme a peutêtre été victime des généralisations abusives d'une histoire vulgarisatrice qui n'a retenu de lui que “la» phrase de sa fameuse “Lettre».  Il est intéressant de noter qu'en 1981, lorsque l'institut Jules Destrée (le bien-nommé) publia une nouvelle édition de la « Lettre », il en élaguera certains passages où Destrée affirme clairement son patriotisme. Pour Jean-Philippe Schreiber, cela s'explique par le fait que l'historiographie wallonne est encore fort (trop?) imprégnée d'un esprit offensif, pas assez dégagée du politique.  La Wallonie est moins riche identitairement que la Flandre.  Elle se cherche des personnages et n'a gardé de Destrée que ce qui lui convenait, en évacuant les côtés les moins souriants de l'homme et en se refusant de faire une lecture complète de laLettre au roi”.  Dans quelques décennies, lorsque l'historiographie wallonne sera moins marquée, elle fera une lecture plus équilibrée de Destrée.  Et - pourquoi pas? - se posera “la» question: Destrée n'était-il pas tout compte fait, plus belge que wallon?

 

Quelques repères

- 24 août 1912: publication de la -Lettre au roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre» dans le “Journal de Charleroi ».

- 16 février 1921: Jules Destrée préside la séance d'inauguration de l'Académie royale de langue et de littérature française.

- 16 mars 1929: Jules Destrée et Camille Huysmans signent le “Compromis des Belges”, dénonçant “comme funeste toute propagande tendant à la constitution de deux États séparés”.

 

 

 

J.G., L’ histoire travestie: Jules Destrée et la solidarité Bruxelles-Wallonie, LB 08/10/1981

 

“En 1923, Jules Destrée aura la probité de reconnaître qu’en niant l’existence des Belges dans sa lettre au Roi datant de 1912, il s’était trompé.”

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Degrelle, VNV et régionalisme / Le Congrès "wallon" de 1945

DEGRELLE, LE VNV ET LE REGIONALISME

 

Jo Gérard, Oui!  La Belgique existe, je l'ai rencontrée, 1988

 

"Le 10 avril 1937, le journal rexiste 'Le Pays réel' publia le texte de l'accord conclu entre Léon Degrelle et Staf Declercq, président du V.N.V., le parti nationaliste flamand de l'époque.  L'accord continence par ces termes: "Rex défend le programme suivant: la transformation du régime unitaire belge en un Etat fédéral." Plutôt fâcheux et combien compromettants, les précurseurs du régime dont nous dotèrent les partis depuis 1980 ... Pourquoi se crurent-ils obligés de réaliser les souhaits de Rex et du V.N.V.?"

 

 

Jos Vinks, De Vlaamse Beweging, Wat is dat?, 1985

 

Hier is de volledige tekst van het accoord V.N.V.-Rex

Tusschen Rex, vertegenwoordigd door Léon Degrelle en het V.M.V., vertegenwoordigd door Staf De Clercq, wordt volgende overeenkomst gesloten:

 

I.  - REX VERDEDIGT VOLGEND PROGRAMMA

a) Ten opzichte van het nationale vraagstuk, de omvorming van den huidigen Belgischen eenheidsstaat in een federalen staat, zoals hij bepaald geworden is in de voordracht uitgesproken door Paul De Mont den 4en 0ktober te Luik, goedgekeurd door den Leider van Rex en door 25.000 Waalsche Rexisten.

Deze voordracht wordt gevoegd bijl deze overeenkomst als een keure, ten titel van inlichting.

Groot Brussel (nader te bepalen) zal geregeerd en bestuurd worden zoodat er een einde zal gesteld worden aan de huidige verfranschingspolitiek en dat aan de Vlamingen de volledige ontplooiing van hun nationaal bestaan zal worden gewaarborgd-.

 

b) Ten opzichte van de politieke en sociall-economische vraagstukken, een staatsordening waar bij waarborg van de volkskontrool en volksmedezeggenschap door het voortbestaan van het politiek parlement op grondslag van het algemeen stemrecht, de levende en natuurlijke stemrecht  tot uiting komen in een korporatieve volksordening.

 

II. - HET V.N.V. AANVAARDT :

a Ten opzichte van het nationaal probleem, de belgische federale staat, hetgeen niet insluit het opgeven zijner dietsche opvatting.

 

Met  het oog op deze opstelling, wordt de strijd gevoerd binnen den Belgischen Staat, onder de kroon van Saksen-Koburg.

 

b) Zoals hierboven. (1b).

 

III. - Met het oog op de uitwerking van dit programma en tot strijd en verweer in Vlaanderen tegen het communisme, duiden de leiding van Rex en V.N.V. ieder 3 afgevaardigden aan die den Staf vormen van de gelijkloopende actie van Rex en V.N.V.

 

IV. - Het doel dezer overeenkomst is de mogelijkheid voor te bereiden van de versmelting van V.N.V. en Rex-Vlaanderen in eene Vlaamsch Nationale organisatie.

Rex zal met het oog hierop een aanhoudende kampagne voeren tot reintegratie van de taalvervreemden van Vlaanderen in de nationale gemeenschap.

Rex verbindt zich zijn organisatievanhet Volksfront te behouden in zijn huidigen vorm en geest.

Rex zal onmiddellijk de middelen overwegen ten einde de syndikalisten en mutualisten in Vlaanderen aan te sluiten bij de bestaande organisatie “lk Dien”.

Al de uilingen van Rex in Vlaanderen, behoudens de redevoeringen van den Leider, van Rex. zullen in het Nederlandsch geschieden.

 

V. - Deze overeenkomst is afgesloten door den Leider van Rex.  Deze verbindt zich het onderhavig accoord uit le breiden tot en te doen naleven door de heele Rex-beveging.

 

VI. - Deze overeenkomst Rex Vlaanderen-V.N.V. zal slechts met toestemming van beide partijen tot andere groeperingen worden uitgebreid.

 

VII. - Rex Vlaanderen en V.N.V. zullen gemmesnchappelijk overleggen mits welke hervormingen hun vertgenwoordigers in het parlement een regeering zouden kunnen steunen.

 

VIII. - Dit accoord zal geheim blijven tot de gemeenschappelijke Leiding oordeelt dat het noodig of gewenscht is dit openbaar te maken in gemeenschappelijk overleg.

                                                                                       get. G. DECLERCQ                                                                                       

6 Oktober 1936.                                                                     L. DEGRELLE.

 

 

LE CONGRES WALLON DE 1945

 

José Mespouille, Coup de semonce: difficile de passer la rampe, VA, 07/11/1995

“Honteusement manipulé par Joseph Merlot, le congrès très divisé sur l’ avenir de la Wallonie, apprit que tout était arrangé avant et que c’était le fédéralisme qui avait été choisi par les ténors de la politique, avant l’ ouverture du Congrès.”

 

 

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